Pépite intemporelle n°29 : Infinie solitude (2004) de Bazbaz

Après le Massive Attack ressorti des années passées par Sylphe, on continue notre balade dans le rétroviseur avec un titre de Bazbaz qui affiche déjà 15 années au compteur. Pourquoi cette Infinie solitude (2004) m’est remontée à la surface soudainement ? Je n’en sais rien, même si j’en ai en fait une petite idée.

Bazbaz, c’est Camille Bazbaz, qui fut initialement organiste du Cri de la Mouche, un groupe actif entre la fin des années 80 et le milieu des années 90. Avec des titres comme J’aime les escalators ou Les seins de ma femme, la formation se fait une place dans la scène rock française de l’époque, et dans nos oreilles aussi. C’était cool Le cri de la Mouche. C’est moins cool que ça se soit définitivement arrêté en 1996 avec le décès du chanteur, Thomas Kuhn.

Bazbaz, c’est ensuite une carrière solo, entre BO de films pour Pierre Salvadori et albums studios. Ces derniers étant en solo, ou accompagnés de bien belle manière par Winston Mc Anuff, musicien reggae trop méconnu à mon goût. Infinie solitude ouvre Sur le bout de la langue, 3e opus de Bazbaz qui recèle bien d’autres titres assez ouf : pour ne citer que ceux-là, allez aussi écouter Tutto va bene, Crocodile, ou encore l’excellent Psychologie féminine qui clôt la galette.

Infinie solitude, c’est quoi ? Un parfait morceau d’ouverture d’album et d’entrée dans l’univers doux-amer de Bazbaz. Porté par un orgue omniprésent, le texte donne le ton : « Puisque qu’on a fait c’que l’on a pu / Puisqu’on n’a plus c’que l’on avait / C’qu’on a vécu, on l’a perdu / Dans notre infinie solitude ». Sur le fond, puisque Bazbaz, au fil de ses morceaux, interroge la vie, le temps qui passe, ce qui reste, ce qui s’en va, et finalement ce qui nous reste et nous constitue. Sur la forme aussi, avec cet incessant travail sur les sonorités des mots et sur les boucles verbales. Tout ceci dans une fausse nonchalance teintée de nostalgie mais aussi d’une furieuse tendance à glander, à jouir de la vie et à jouir tout court.

Infinie solitude, c’est le parfait morceau qui va tout à la fois gratter un peu là où ça démange quand tu te réveilles seul et étaler un baume apaisant sur ces constats et questionnements de l’esprit. C’est la force de cette pépite intemporelle. Une sorte de son à double effet qui accompagne ta propre solitude pour le meilleur et pour le pire, pour le pire et pour le meilleur.

Pourquoi cette Infinie solitude m’est remontée à la surface soudainement ? J’en ai une petite idée. En fait, je sais très exactement pourquoi.

Raf Against The Machine

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