Review n°27: LP5 d’Apparat (2019)

Sascha Ring, alias Moderat, n’a pas, à mon humble avis, la carrière solo qu’il mériteApparat amplement… Cet explorateur électronique qui a oeuvré sur les terres de l’IDM et de l’ambient est souvent résumé à un titre (sublime au passage) Goodbye avec la chanteuse Anja Pschalg de Soap&Skin et à sa participation judicieuse au groupe Moderat avec Gernot Bronsert et Sebastian Szary de Modeselektor. Ce n’est malheureusement pas ce nouvel album, 8 ans après The Devil’s Walk et 6 ans après un projet pour l’adaptation au théâtre de Guerre et Paix (c’est l’histoire de la guerre et de la paix… #inconnusforever), qui devrait lui permettre une reconnaissance du grand public. En effet, à une époque où le besoin d’expliciter perpétuellement les choses prédomine, l’art de la suggestion impressionniste d’Apparat détone, et ce pour mon plus grand plaisir. Je vous propose en toute humilité de prendre le pouls de ce LP5 dont l’atmosphère est très difficile à retranscrire par les mots…

L’introduction VOI_DO nous propose d’emblée une ambiance atmosphérique tout en délicatesse, les sons paraissent disséminés avec parcimonie pour accompagner la voix de falsetto de Sascha Ring qui désormais chante sur la plupart de ses morceaux. Sur cet album, j’ai souvent l’impression d’un chant a capella tant les instruments savent se mettre en retrait. Cette ouverture est à l’image d’un album qui prône une intériorité intemporelle. DAWAN, malgré un beat de fond instaurant une rythmique techno plus affirmée, reste finalement dans la même dynamique avec le couple synthés cotonneux et voix de Sascha Ring. La montée de LAMINAR FLOW est tout en contrôle et démontre la volonté de résister à la tentation de l’extériorisation excessive, telle une frustration excitante (#amourducuir). HEROIST va ensuite nous rappeler à quel point la pop et l’électro se marient à merveille, l’univers évoque les albums solo de Thom Yorke pour un résultat extrêmement séduisant où la voix de Sascha Ring démontre de vrais progrès.

Passé l’intermède MEANS OF ENTRY, BRANDENBOURG instaure un sentiment d’inquiétude avec cette voix modifiée qui n’est pas sans nous ramener sur les landes nordiques dépouillées de The Knive ou Fever Ray avant que les cordes ne viennent adoucir le titre. Les cordes empreintes d’urgence de CARONTE viennent alors totalement me désarmer, tant elles tranchent avec la sérénité de la voix pour un résultat sublime de grâce et très subtil dans sa structure. L’ambient et dépouillé EQ_BREAK nous prépare pour le brillant duo final qui révèle toute la dichotomie d’Apparat: d’un côté l’aspect éthéré du piano-voix de OUTLIER et de l’autre le brillant IN GRAVITAS qui brille par sa fin uptempo qui libère le démon de la danse (#morceaucachédeCaribou?). Un feu d’artifice final qui met encore plus en valeur la force de l’intériorité qui a habité tout cet album dont la richesse ne cesse d’augmenter au fil des écoutes… Je ne peux que vous suggérer d’aller désormais l’écouter…

Sylphe

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