Pépite intemporelle n°14 : September Song (2013) d’Agnès Obel

Se réveiller avec un morceau en tête, c’est une chose. Savoir quoi en faire en est une autre. En ce qui me concerne, ça tombe pile un jour de Five-Minutes : c’est, en l’occurrence, September Song d’Agnès Obel qui me tient par la barbichette depuis la sonnerie du réveil.

Un titre qui clôt Aventine (2013), le deuxième album de cette artiste danoise qui ne cesse de me fasciner. Dès son Philarmonics en 2010, les mélodies épurées, aériennes et parfois minimalistes d’Agnès Obel m’ont toujours fait un effet inédit et incomparable, que je n’ai jamais retrouvé ailleurs. Rien ne ressemble à la musique de cette artiste, bien que l’on y retrouve des influences telles qu’Erik Satie ou Claude Debussy. J’avoue que c’est aussi et surtout la pochette de Philarmonics qui avait attiré mon attention au départ : un visuel captivant et hypnotique qui n’est pas sans rappeler Les Oiseaux d’Hitchcock.

C’est pourtant à une tout autre ambiance que nous convie Agnès Obel, et ce September Song en est une parfaite illustration. Une mélodie jouée en boucle avec d’infimes variations de composition ou d’interprétation à chaque reprise. Une ambiance cotonneuse à souhait, qui nous inciterait tour à tour à flâner sous la couette, ou encore à observer le froid du matin depuis la fenêtre, un grand thé en main… à moins qu’on ne choisisse de déambuler, l’esprit en suspension et le cœur en bandoulière, dans quelque ville d’Europe du Nord. Ce qui est une sacrée coïncidence (vraiment ?) pour une artiste native du Danemark (où je m’arrêterais bien le jour où je rentrerai d’Islande). Comble du bon goût : elle a choisi de s’installer depuis quelques années à Berlin, sans doute une des villes les plus agréables et sereines à visiter et/ou à vivre, tous continents confondus (où je m’arrêterais bien tout court).

Je m’égare, mais pas tant que ça : ces sensations géographiques sont présentes et bien présentes dans September Song, un titre qui ne cesse de m’apaiser. La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et le monde est parfois plein de tristesses en tout genre ? Pas de souci, vous me prendrez une bonne dose d’Agnès Obel trois fois par jour, matin midi et soir, et autant que cela sera nécessaire. L’excès de bon son ne peut pas nuire à la santé.

Par extension, une fois September Song écouté, le reste de l’album est chaudement recommandé. D’autant que notre pépite du jour n’est disponible que sur certaines éditions d’Aventine (notamment Deluxe et numérique), et donc pas toujours simple à dénicher. Comme on fait les choses bien par chez nous, vous pourrez l’écouter ici-bas, ici même, avant de vous ruer sur les 11 autres titres de cette fabuleuse galette. Qui vous permettront de profiter également de la voix incroyable d’Agnès Obel, puisque, oui, elle a une voix renversante, en plus d’être une compositrice hors pair.

Dernière chose, et pas des moindres : ce September Song fait aussi partie de la BO de Big Little Lies, l’excellente mini-série réalisée par Jean-Marc Vallée. Ce nom vous parle ? C.R.A.Z.Y., Wild, Dallas Buyers Club, Demolition, et côté série Sharp Objects. Digression ciné/séries, car ce formidable réalisateur concocte toujours ses BO avec soin et goût, ce qui mérite d’être signalé. Sans parler de sa mise en images, absolument incroyable. Mais c’est une autre histoire.

Raf Against The Machine

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