Review n°13: Action d’Inüit (2018)

Désolé de vous avoir fait attendre chers Five-Minuteurs mais, avant de rédiger cetteInuit review, il m’a fallu aller aux sources de ce groupe et explorer les contrées sauvages du Groenland. Malheureusement, cette expédition, si elle a juste eu le mérite de me faire perdre quelques phalanges gelées, s’est avérée particulièrement inutile car Inüit est en réalité un groupe français originaire de Nantes… (#Amateurisme) Ils sont 6, 5 garçons entourant la chanteuse Coline (je vous laisse imaginer les combinaisons possibles),  et profitent des talents à la production de Benjamin Lebeau du brillant duo électro-pop The Shoes pour ce premier album studio. Un premier EP Always Kévin en 2017 avait déjà laissé entrapercevoir le talent des nantais avec des petites pépites comme Dodo Mafutsi et Anne. Cet opus, dont le titre et la pochette improbable paraissent résolument tournés vers un son plus explosif, va-t-il confirmer les bonnes impressions laissées par le premier EP?

Après ces deux minutes d’un faux suspense insoutenable, la réponse est en réalité évidente et ce Action s’impose comme un des meilleurs premiers albums écoutés dernièrement. Pour que vous ayez une idée du son d’Inüit, prenez d’un côté l’électro dansante de The Shoes et de l’autre la pop plus sombre de The Dø époque Both Ways Open Jaws, vous secouez fermement, vous rajoutez une pincée de synthés et un soupçon à la Maité de la belle voix de Coline et vous obtenez un cocktail aussi explosif que séduisant. La preuve plus en détails désormais…

Le morceau d’ouverture Sides nous plonge d’emblée dans une atmosphère sombre où la douceur de la voix de Coline et les choeurs viennent subtilement nous envelopper. Un morceau qui se développe langoureusement, telle une créature hybride se levant délicatement de marécages nauséabonds et révélant sa beauté sculpturale. Body Lies vient alors briser ce rêve éveillé et nous ramener vers des contrées plus connues, la rythmique s’est accélérée et on défriche ici clairement les plaines de l’électro-pop. Le morceau est plus attendu et pas forcément très novateur et je savoure davantage le tube We The People, hymne plus âpre aux influences électro-techno assez évidentes. La rythmique originale de Boy’s Dead Anyway que ne renierait pas The Dø et la douceur des synthés de Comment on fait le feu? (avec cet album d’Inüit pardieu!) nous amènent vers un des autres sommets de l’album, Move Slowly.

Ce Move Slowly est un joli bijou d’électro-pop à la Metronomy, la rondeur de la basse amène un sentiment indescriptible de coolitude illustrée avec brio par le refrain. Après un Phases qui me séduit moins avec l’âpreté extrême de sa rythmique et sa voix qui éveille les excès du deuxième opus de Fever Ray, un trio vient définitivement rafler la mise: la douceur lumineuse de Pretty Puppet, l’explosif Tomboy taillé pour briller dans les charts et l’électro dansante de Polar Bear qui me rappelle dans une certaine mesure l’album Swim de Caribou. Wrong Dance et Inside prolongent le plaisir et permettent de se délecter de l’univers de ce Action qui ne cesse de s’enrichir au fil des écoutes.

Allez je vous laisse, j’ai rendez-vous avec le médecin qui doit m’aider à récupérer de mes phalanges gelées (#humourdemerdecyclique) et sur le chemin j’ai bien envie de me réécouter Action.

Sylphe

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