Pépite intemporelle n°2 : Killing in the name de Rage Against The Machine (1992)

Suffit-il de traverser la rue pour trouver une pépite musicale intemporelle ? J’en doute un peu, quoique cela puisse dépendre de la largeur de la rue et de ce qu’on trouve sur le trottoir d’en face. En revanche, une petite virée sur Five Minutes et c’est le bon son assuré. J’en veux pour preuve la livraison du jour, avec ce Killing in the name des chauds bouillants Rage Against The Machine (aka RATM). Que n’a-t-on encore pas dit ou écrit sur ce titre et ce groupe ? Rien, et c’est bien pour ça que nous n’en dirons pas plus… ou si peu.

Il faut se rappeler le contexte, en 1992, de l’arrivée dans les bacs et dans nos oreilles du premier album de RATM. Plusieurs groupes envoient déjà du lourd à l’époque, et mon petit cœur de rocker vibre alors à haute dose de Pearl Jam, Nirvana, Red Hot Chili Peppers ou Noir Désir, sans savoir que des albums et groupes majeurs vont ponctuer les années 90 : le OK Computer (1997) de Radiohead, le Grace (1994) de Jeff Buckley ou encore le Mellon Collie and the Infinite Sadness (1995) des Smashing Pumpkins.

C’est pourtant un son bien nouveau et inattendu qui arrive de la lointaine Californie, porté par quatre lascars fous furieux. Une sorte de funk metal posé sur une rythmique de bûcherons, littéralement illuminé par la guitare de Tom Morello et incendié par le phrasé hip-hop de Zach de la Rocha. A la première écoute, j’avoue ne pas avoir saisi toutes les paroles. En revanche, j’ai très vite ressenti que le groupe portait parfaitement son nom. Là où il se terre, tout esprit un tantinet rebelle se sent écouté, entendu, emporté par la Rage Against The Machine. Machines en tout genre broyeuses d’êtres humains. Systèmes politiques au service de fake dirigeants plutôt que d’œuvrer au bien-être du plus grand nombre et de la collectivité. Dès lors, on ne s’étonna pas de retrouver le groupe hyper engagé politiquement et socialement, sur la gauche très à gauche de l’échiquier idéologique.

Revenons toutefois sur le plan musical, pour s’émerveiller, plus de 25 ans après, de l’incroyable énergie intacte dégagée par RATM, et ceci au fil de ses quatre albums studios. Ça groove, ça tabasse, ça jumpe, c’est souvent massif mais le son reste incroyablement mélodieux et surtout identifiable aux premières notes. Cette folie musicale s’illustrera surtout maintes fois sur scène, comme en témoigne le Live at the Grand Olympic Auditorium (2003). Et l’actualité des rééditions vinyles tombe à pic (à moins que ce ne soit cette chronique, telle un Colt Seavers en jean bien moulant), puisque ces 5 albums seront de nouveau proposés dès le 28 septembre dans des versions remasterisées : l’occasion d’agrandir sa vinylothèque (= sa collection de disques vinyles, pas celle des tenues SM planquées sous le lit) avec 5 galettes à faire frémir les enceintes et les murs du salon. Tout ça sans traverser la rue.

Raf Against The Machine

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